La musique s’arrêta presque instantanément lorsque Victoria pointa un doigt furieux vers la jeune femme agenouillée près du fauteuil roulant.
— Éloigne-toi de lui ! Tu n’es qu’une domestique !
Dans la somptueuse salle de réception, plus de cent invités se figèrent.
Quelques secondes plus tôt, Claire, une simple employée du palais, avait remarqué que Gabriel, le riche héritier paralysé depuis un mystérieux accident, respirait difficilement. Elle s’était précipitée vers lui pour l’aider.
Mais Victoria, sa fiancée, n’y vit qu’une humiliation publique.
— Tu crois pouvoir le toucher devant tout le monde ? cria-t-elle. Regarde-toi !
Claire pâlit, mais ne bougea pas.
Gabriel leva les yeux vers Victoria.
— Ça suffit.
Un silence lourd tomba sur la salle.
Victoria éclata d’un rire nerveux.
— Gabriel, tu vas vraiment défendre une servante contre ta future épouse ?
Il serra les accoudoirs de son fauteuil.
— Claire n’est pas seulement une servante.
Les invités échangèrent des regards surpris.
Gabriel sortit alors une petite clé argentée de sa poche.
— Il y a six mois, après mon accident, tout le monde m’a abandonné sauf elle. Mais ce n’est pas tout.
Victoria perdit son sourire.
— Qu’est-ce que tu racontes ?
Gabriel fixa la femme qu’il devait épouser le soir même.
— Claire a découvert que mes médicaments avaient été remplacés.
Un murmure parcourut la salle.
Victoria recula d’un pas.
— C’est absurde !
Claire sortit lentement une enveloppe de la poche de son uniforme.
À l’intérieur se trouvaient des résultats d’analyse, des photographies… et plusieurs messages imprimés.
Gabriel regarda Victoria droit dans les yeux.
— Les messages viennent de ton téléphone.
Le visage de la future mariée devint livide.
Elle venait de comprendre que cette soirée n’était pas une célébration.
C’était un piège.
Et lorsque les grandes portes dorées s’ouvrirent derrière les invités, deux enquêteurs entrèrent dans la salle.
Gabriel murmura alors :
— Tu voulais m’épouser pour hériter de tout. Mais ce soir, tu vas tout perdre.